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Rhinite, asthme  

Conduite à tenir devant une rhinite ou un asthme d'origine professionnelle

Asthme professionnel (AP) : asthme déclenché ou aggravé par une substance spécifique inhalée sur les lieux du travail.
Prévalence de l'asthme de l'adulte : 7 à 9 %
Proportion des asthmes d’origine professionnelle : 10 à 15 %.

1. Les symptômes
2. Les principaux métiers
3. Distinguer maladie professionnelle et accident du travail
4. Confirmer la rhinite ou l'asthme
5. Contacter le médecin du travail


1. Les symptômes

L'asthme professionnel avec période de latence survient dans les conditions habituelles d'exercice du travail. Les symptômes sont rythmés par les périodes de travail du moins au début de l’évolution  : rhinite ( ± ) puis dyspnée, toux spasmodique.
Pensez à poser 4 questions  :

•  La crise d'asthme est-elle survenue sur les lieux du travail ?
•  L'état respiratoire s'améliore-t-il durant le repos hebdomadaire ?
•  L'état respiratoire s'améliore-t-il lors de congés prolongés ou se normalise-t-il ?
•  L'état respiratoire s'aggrave-t-il pendant le travail ou au décours du travail ?

Un repérage et une éviction précoces au stade de rhinite sont nécessaires, car ensuite l'asthme évolue par lui-même. À noter : la rhinite peut évoluer indépendamment de tout asthme.
Les rhinites et asthmes professionnels sont induits par des substances d'origine animale ou végétale (souvent mécanisme IgE-dépendant) et par des produits chimiques ou des métaux (mécanismes mal connus).

2. Les principaux métiers

Devant ces symptômes nouvellement apparus ou aggravés, rechercher une exposition professionnelle en interrogeant le patient sur les métiers exercés :

Principaux métiers pouvant être concernés

Principaux risques

Tableaux

Métiers dépendant du régime agricole

Tous les agents végétaux et animaux

TRA 45

Boulangers, pâtissiers (20% des AP)

Farine de blé, de seigle

Enzymes

TRG 66

TRG 63

Métiers de la santé (10% des AP)

Latex des gants (via le talc)

Aldéhydes :
glutaraldéhyde
formaldéhyde (formol)

Ammoniums quaternaires

TRG 95


TRG 66

TRG 43

TRG 66

Coiffeurs (8% des AP)

Produits de décoloration capillaire : persulfates alcalins ++

Teintures capillaires

Produits de permanente

Henné

TRG 66

Peintres (8% des AP)
Particulièrement, peintres au pistolet sur métaux (BTP, métallurgie), applicateurs de revêtements de surfaces en résine synthétique

Résines, peintures, colles, vernis polyuréthanes contenant des isocyanates*

TRG 62

Travailleurs du bois (5% des AP)

Nombreuses espèces de bois sensibilisantes

Vernis contenant des isocyanates*

Formaldéhyde

TRG 47-A

TRG 62

TRG 43

Personnels de nettoyage (4-5% des AP)

Etiologies multiples : acariens, ammoniums quaternaires des détergents (le spray facilite leur pénétration respiratoire)

TRG 66

 

Latex des gants

Autres**

Multiplicité des agents étiologiques (près de 400 au total)**

 

Autres tableaux non mentionnés ci-dessus

Travail en présence de toute protéine en aérosol

TRG : Tableau de maladie professionnelle du Régime Général
TRA : Tableau de maladie professionnelle du Régime Agricole
* L’asthme aux isocyanates est un cas d’éviction au poste de travail
** L’enquête professionnelle approfondie relève du médecin du travail. Cependant, le site de l’INRS permet un accès facile aux tableaux de maladie professionnelle par pathologie, par agent en cause ou travaux effectués :
http://inrs.dev.optimedia.fr/mp3

3. Distinguer maladie professionnelle et accident du travail

L'allergie respiratoire dans le cadre d'un AT professionnel survient sans période de latence, dans des conditions d'exposition inhabituelles voire exceptionnelles (accident, incendie, défaut de ventilation) : Syndrome d'Irritation Aiguë Bronchique (SIAB) (en Anglais, RADS pour Reactive Airways Dysfunction Syndrome). Il nécessite un traitement d'urgence, un suivi pneumologique et la rédaction d'un certificat d'AT. Substances fréquemment mises en cause : chlore et dérivés, acides, isocyanates.

4. Confirmer la rhinite ou l'asthme

Confirmer la rhinite ou l'asthme, préciser sa sévérité, évoquer l'origine professionnelle en collaboration avec le pneumologue, l'allergologue et le médecin du travail.

•  Mise en évidence d'une sensibilisation immunologique (tests cutanés et/ou RAST, in vitro) pour un allergène d'origine animale ou végétale , inutile pour les autres substances (chimiques ou métaux) car mécanisme non allergique ;

•  Possibilité de donner un peak flow (débimètre de pointe) au patient pour faire des mesures sur le lieu de travail et en période de repos. L'hyperréactivité bronchique peut être soupçonnée cliniquement : toux ou gêne respiratoire au contact d'irritants - fumée de tabac, odeurs fortes, sprays, polluants - ou déclenchées par le rire, l'effort, le froid... Certains examens complémentaires peuvent être réalisés par le pneumologue : mesure de l'hyperréactivité bronchique non spécifique, test de provocation bronchique spécifique réaliste....

5. Contacter le médecin du travail

Contacter systématiquement le médecin du travail devant un asthme professionnel en cas d'arrêt de travail ; demander une visite de pré-reprise au médecin du travail pour envisager des aménagements de poste ou un reclassement si nécessaire.

Ce document est inspiré de la fiche sur l'asthme professionnel éditée par la SPLF et la SFMT, après autorisation. Pour en savoir plus : www.splf.org/s/thotlib/pub/lib/pdf/fichesAP.pdf
Remerciements au Pr D. CHARPIN pour son aimable contribution.