- Sa hauteur : Elle est exprimée en fréquence, ce qui correspond à un nombre de vibrations durant une seconde ; elle est exprimée en Hertz (Hz). Plus la vibration est élevée plus le son est aigu. L’oreille humaine peut percevoir des sons allant de 20 Hz à 20 000 Hz. Les fréquences utilisées dans la conversation se situent entre 250 et 4 000 Hz, avec un maximum situé entre 1 000 et 2 000 Hz.
- Son intensité : Elle est exprimée en décibel (dB) qui correspond au niveau de pression acoustique perçu par notre oreille. En acoustique, on utilise cette échelle de mesure logarithmique car le bruit varie dans des proportions très importantes. Ce niveau en dB ne reflète pas tout à fait la perception de l’oreille. Pour tenir compte de sa sensibilité particulière dans les fréquences moyennes, on utilise la pondération A (dB(A)), qui favorise la zone des 1000 Hz à 5000 Hz et atténue les basses fréquences.
Lorsque deux machines produisent un niveau sonore de 85 dB(A) chacune, le total de l’ensemble nous donne un niveau de pression acoustique de 88 dB(A) soit 3 dB de plus ; sur l’échelle logarithmique, une augmentation de 3 dB nous indique que le bruit a doublé.
Les principaux travaux et activités professionnelles exposant les travailleurs aux bruits excessifs sont :
Travaux et activités professionnelles
Niveau sonore en dB(A)
Moteur d'avion (sur banc d'essai)
125-130
Rivetage par outils pneumatiques (industrie mécanique), forgeage, estampage
115-120
Marteaux pneumatiques (BTP)
110-115
Concassage (carrières)
100-110
Chaudronnerie, soudage
100-110
Scies circulaires (menuiserie)
100-105
Machines de menuiserie
100-105
Rotatives (imprimerie), tréfilerie
95-100
2. La nocivité du bruit
Elle est liée aux :
2.1 Caractères du bruit :
la qualité du bruit (les hautes fréquences sont plus difficilement supportables que les basses fréquences) ;
la pureté (un son pur de grande intensité est plus traumatisant pour l'oreille interne qu'un bruit à large spectre) ;
l'intensité (seuil de douleur : 120 dB, au delà duquel les tympans peuvent subir des lésions importantes / brutales (phénomène de blast)) ;
l'émergence et le rythme du bruit (un bruit impulsionnel ayant un caractère soudain et imprévisible est plus nocif qu'un bruit stable et continu) ;
la durée d'exposition (pour une même ambiance sonore, plus la durée d'exposition est élevée plus les lésions auditives de l'oreille interne seront considérables) ;
l'association avec les vibrations (l'exposition au bruit industriel associée aux vibrations aggrave le traumatisme sonore chronique).
2.2 Facteurs individuels et état fonctionnel
l'âge : la fragilité cochléaire au bruit s'accroît avec l'âge ; elle devient plus marquée au-delà de 50 ans (presbyacousie) ;
la susceptibilité individuelle ;
la fragilisation antérieure de l'oreille : elle peut être provoquée par des affections de nature microbienne ou virale, traumatique, toxique (ototoxiques médicamenteux ou industriels) ou être héréditaire (hypoacousie familiale).
3. Conséquences pathologiques de bruit
3.1 Signes auditifs
Au début, apparaît une fatigue auditive associant acouphènes, céphalées et vertiges, puis une gêne de l'intelligibilité de la voix chuchotée. En cas de persistance du bruit / de protection insuffisante, la surdité s’installe. Consulter la fiche « surdité professionnelle ».
3.2 Signes extra-auditifs
Au début, des signes fonctionnels non spécifiques peuvent attirer votre attention, tels que :
Effets neuropsychiques et cognitifs :
céphalées, irritabilité, anxiété, troubles de l'humeur, troubles de la concentration, de la mémoire, altération des fonctions cognitives, diminution de la vigilance, troubles du comportement, baisse de l'adaptation aux tâches à exécution rapide.
perturbation du sommeil : diminution du sommeil paradoxal, réveils nocturnes.
Effets cardiovasculaires : modification du rythme cardiaque, augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle diastolique, de la fréquence respiratoire, vasoconstriction.
Effets digestifs : troubles peu spécifiques de type dyspepsique, hypersécrétion gastrique.
Effets visuels : vision nocturne perturbée, difficulté pour apprécier la profondeur, les contrastes, dilatation pupillaire...
Effets hormonaux : élévations des corticoïdes, des catécholamines, tendance à l'hypoglycémie.
4. Evolution de la réglementation
Suite à la directive européenne sur le bruit, la réglementation française a récemment évolué (décret n°2006-892 du 19 juillet 2006). Le seuil d’exposition au bruit déclenchant les premières mesures de prévention par l’employeur est ramené de 85 à 80 dB (seuil d’alerte) ;
le 2e seuil d’exposition au bruit déclenchant des mesures correctives par l’employeur est ramené de 90 à 85 dB (seuil de danger).
De plus, il est défini une valeur limite d’exposition, qui correspond au bruit maximum auquel les salariés peuvent être exposés en tenant compte des protections auditives individuelles (exposition quotidienne moyenne limitée à 87 décibels dB(A)).
Ces mesures devraient permettre de protéger plus efficacement les salariés exposés ; l’intensité des sons étant mesurée selon une échelle logarithmique, un abaissement du seuil de 3 dB correspond à une diminution de l’intensité sonore tolérée de moitié. L’abaissement de 5 dB est donc encore plus conséquent pour éviter une altération de l’audition.