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Poussières de bois Mise en ligne le 18 juillet 2008
Conduite à tenir devant un patient exposé
ou ayant été exposé aux poussières de bois

  • 1. Les pathologies liées aux poussières de bois
  • 2. Les risques associés au travail du bois
  • 3. Conduite à tenir
    • a) Devant une pathologie liée aux poussières de bois
    • b) Surveiller le patient à distance l’exposition

1. Les pathologies liées aux poussières de bois

Une exposition aux poussières de bois est à évoquer devant :

Des symptômes Des maladies Système de réparation
Oculaires  : Conjonctivites récidivantes ou confirmées par test TRG 47-A
TRA 36-A
ORL  :
Syndrome unilatéral d’obstruction nasale, épistaxis, rhinorhée
Rhinite récidivante ou confirmée par test TRG 47-A
TRA 45
Adénocarcinome nasosinusien
Voir NB
TRG 47-B
TRA 36-C
Respiratoires  : - Syndrome respiratoire (toux, dyspnée, expectorations) récidivant ou confirmé par test

- Asthme récidivant ou confirmé par test

- Fibrose pulmonaire
TRG 47-A
TRA 45
Cutanés  : - Dermite irritative

- Eczéma de contact allergique
TRG 47-A
TRA 36-A
TRA 36-B
TRG : Tableau de maladie professionnelle du Régime Général
TRA : Tableau de maladie professionnelle du Régime Agricole

NB : Tout symptôme unilatéral au niveau des fosses nasales doit faire rechercher un adénocarcinome nasosinusien (ethmoïde) :

  • épistaxis,
  • rhinorhée,
  • obstruction nasale (tumeur ou polype réactionnel masquant un carcinome),
  • troubles de l’odorat (hyposmie ou anosmie).

D’autres symptômes sont moins fréquents : céphalées, algies faciales.

Toute exposition prolongée même ancienne aux poussières de bois doit rendre encore plus vigilant.
D’autres expositions professionnelles peuvent provoquer un adénocarcinome de l’ethmoïde.

2. Les risques associés au travail du bois

Outre l’exposition aux poussières de bois, le travail du bois expose à plusieurs risques (co-exposition) :

  • Le port de charge lourde et les vibrations , pourvoyeurs de troubles musculo-squelettiques
  • Le bruit, pourvoyeur de surdité
  • La manipulation de produits chimiques pouvant provoquer différentes pathologies irritatives, allergiques, cancers… :
    • Colles (polyuréthanes, époxydiques, formol, solvants)
    • Produits de traitement du bois (phytosanitaires)…
    • Peintures et vernis (isocyanates)
    • Cires et patines…

3. Conduite à tenir

a) Votre patient a une des maladies citées ci-dessus

  1. Interroger votre patient sur ses conditions de travail actuelles et passées (nombre d’années d’exposition aux poussières de bois).
  2. Lui demander s’il a un médecin du travail.
    Si oui, contacter le médecin du travail par l’intermédiaire du patient (courrier) pour avis sur l’origine professionnelle des symptômes.
  3. S’il n’a pas de médecin du travail, l’adresser à la Consultation de pathologie professionnelle.
  4. Si l’origine professionnelle est évoquée, proposez à votre patient de faire une déclaration de maladie professionnelle même s’il existe d’autres facteurs de risque extraprofessionnels
    Rappel du principe de présomption d’origine
    Comment déclarer une maladie professionnelle

Une attention particulière sera portée aux apprentis et aux jeunes exerçant les métiers du bois, souvent plus exposés et mal informés.

b) Surveillance à distance d’une personne ayant été exposée aux poussières de bois (sans pathologie) 

Cette surveillance a pour objectif de dépister précocement une pathologie cancéreuse :

  • Si le patient est toujours en activité professionnelle salariée, mais plus exposé, il est conseillé d’échanger avec son médecin du travail sur les modalités du suivi médical à effectuer et de sa réalisation ;
  • Si le patient est actif non salarié (travailleur indépendant, artisan) : lui conseiller de se rapprocher des représentants de sa branche professionnelle. S’il n’a pas de suivi organisé, ce sont le médecin traitant et son correspondant ORL qui effectuent la surveillance (voir ci-après) ;
  • Si le patient est inactif, retraité, demandeur d’emploi :
    • Si le patient possède une attestation d’exposition, il peut bénéficier d’un suivi post-professionnel ;
    • S’il n’a pas d’attestation d’exposition, il peut faire une demande de surveillance post-professionnelle auprès de son organisme de sécurité sociale, sur papier libre, accompagnée des certificats de travail retraçant sa carrière professionnelle

Suivi post-professionnel pour le dépistage du cancer nasosinusien

Des recommandations provisoires élaborées par la Société Française de Médecine du travail, la Société Française d’Oto-rhino-laryngologie, la Société Française du Cancer et la Société Française de Santé Publique sont en cours de labellisation par le Haute Autorité de Santé (juin 2008).

Dès validation, elles seront mises en ligne.

En savoir plus :
Tout travailleur exposé aux poussières de bois peut consulter la brochure pour une meilleure prévention des risques.

http://www.boissecurite.com
http://www.sante-securite-paca.org

Remerciements au Pr Jean-Marc Thomassin pour son aimable contribution.